VOYAGE AU COEUR DE LA PSYCHE Connaissance de soi et du monde - Contes Mythes Rêves

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Isis de profil

Le féminin divin: Les déesses-mères - "Isis" - La femme complète

Par Le 08/06/2020

 

ÉLÉMENTS D’ANALYSE DU "MYTHE D’ISIS" (mythologie égyptienne)

 

Ce mythe illustre une lutte interminable entre des forces opposées: bien et mal, lumière et ombre, masculin et féminin… Jusqu’à la résolution de ce  tragique conflit qui passe par un conflit familial. 

Il remplit parfaitement sa fonction de mythe: à savoir, transmettre aux humains la manière dont les forces ou énergies opposées se combattent et celle de les unifier et les intégrer.

Les Égyptiens avaient compris cette chose essentielle qui a été refoulée collectivement dans la civilisation occidentale: le négatif et le positif, le bien et le mal sont complémentaires et nécessaires à l’équilibre des forces, à la stabilité de la vie. Le mal a donc une fonction dans le monde.

Les mythes ou religions antiques étaient à la fois plus primaires,  frustes, archaïques, instinctifs et violents que les traditions spirituelles actuelles. 

Mais, en raison de leur proximité avec l’inconscient, ils connaissaient mieux la nature humaine, et en comprenaient mieux les conflits et les aspects instinctifs.

Isis s’appelait en Égypte Asèt, "Le trône": les Grecs l’ont traduit pas "Isis". 

Asèt apparaît deux millénaires avant J.C.: une inscription sur son temple à Dendara la décrit comme "noire" - comme de nombreuses autres déesses, jusqu’aux "vierges noires" du christianisme. 

Au début, elle s’approprie avec ruse le pouvoir du dieu soleil Râ. Elle détient donc dès le départ un grand secret: le nom de dieu. Cela lui confère une immense puissance spirituelle et divine et lui permet de surmonter ses épreuves, de sauver, de guérir, de vaincre les forces opposées.

Elle devient universelle. Son culte s’étend au Moyen Orient, en Grèce, à Rome, dans tout le bassin méditerranéen. De surcroît, elle est l’initiatrice de toutes les traditions ésotériques et gnostiques ultérieures.

C’est ainsi qu’Asèt/Isis a commencé son incomparable "carrière" de déesse-mère. 

Elle est la déesse la plus importante du panthéon égyptien, pour une durée de 3000 ans environ. Elle a absorbé de nombreuses autres déesses. 

Elle est exceptionnellement complète, à la fois solaire et lunaire, femme, fille, sœur, épouse et mère.

Cybèle et lions

Le féminin divin: Les déesses-mères - "Cybèle" - Mère et fils

Par Le 03/06/2020

 

ÉLÉMENTS D’ANALYSE DU MYTHE DE "CYBÈLE" (mythologie romaine)

 

À l’aube de l’humanité, a surgi une GRANDE ET MYSTÉRIEUSE DÉESSE-MÈRE dont les multiples avatars partagent les mêmes attributs: féconde, transformatrice, initiatrice, magicienne, ambivalente, sage, elle connaît le monde visible et invisible, règne sur la nature et ses cycles, la fertilité de la terre, des animaux et des hommes. 

Elle incarne la totalité de la vie: vie, mort et renaissance. Elle règne aussi dans le monde souterrain. 

Ambivalente, elle peut donner la vie ou la mort. Elle est souvent accompagnée du serpent - son aspect terrestre - et de l’oiseau - son aspect céleste. 

Son culte se perd dans la nuit des temps. On ne sait pas quand il a commencé, si ce n'est qu'il remonte à la préhistoire.

La GRANDE DÉESSE a dominé pendant des millénaires sous la forme de nombreuses divinités. Les êtres humains ont projeté sur elles leur vision de la nature et leur conception de la vie, particulièrement sur la figure de la mère.

Ces déesses-mères sont nées dans des sociétés où la conception de la femme et du féminin était radicalement différente de celle de nos sociétés patriarcales. De nombreux chercheurs sont actuellement en accord sur un point: la divinisation du féminin-maternel dans les sociétés anciennes est dûe en partie à l’ignorance des hommes concernant leur rôle dans la procréation. Pour eux, la femme donnait la vie, ce qui lui conférait une dimension sacrée et leur inspirait respect et vénération.

La DÉESSE-MÈRE DES ORIGINES est donc un puissant ARCHÉTYPE né dans l’inconscient collectif. Elle est le principe et l’essence du féminin et de la psychologie féminine.

ET EN TANT QU'ARCHÉTYPE, ELLE VIT EN CHAQUE FEMME - que celle-ci en soit consciente ou non.

Déesse guerrière

Le féminin divin: Les déesses-mères - "Ishtar" - L'amoureuse guerrière

Par Le 29/05/2020

 

ÉLÉMENTS D’ANALYSE DU MYTHE D’"ISHTAR" (mythologie mésopotamienne)

 

À l’aube de l’humanité, a surgi une GRANDE ET MYSTÉRIEUSE DÉESSE-MÈRE dont les multiples avatars partagent les mêmes attributs: féconde, transformatrice, initiatrice, magicienne, ambivalente, sage, elle connaît le monde visible et invisible, règne sur la nature et ses cycles, et la fertilité de la terre, des animaux et des hommes.

Elle incarne la totalité de la vie: vie, mort et renaissance. Elle règne aussi dans le monde souterrain.

Ambivalente, elle peut donner la vie ou la mort. Elle est souvent accompagnée du serpent - son aspect terrestre - et de l’oiseau - son aspect céleste. 

Son culte se perd dans la nuit des temps. On ne sait pas quand il a commencé, si ce n'est qu'il remonte à la préhistoire.

La GRANDE DÉESSE a dominé pendant des millénaires sous la forme de nombreuses divinités. Les êtres humains ont projeté sur elles leur vision de la nature et leur conception de la vie, particulièrement sur la figure de la mère.

Ces déesses-mères sont nées dans des sociétés où la conception de la femme et du féminin était radicalement différente de celle de nos sociétés patriarcales. De nombreux chercheurs sont actuellement en accord sur un point: la divinisation du féminin-maternel dans les sociétés anciennes est dûe en partie à l’ignorance des hommes concernant leur rôle dans la procréation. Pour eux, la femme donnait la vie, ce qui lui conférait une dimension sacrée et leur inspirait respect et vénération.

La DÉESSE-MÈRE DES ORIGINES est donc un puissant ARCHÉTYPE né dans l’inconscient collectif. Elle est le principe et l’essence du féminin et de la psychologie féminine. 

ET, EN TANT QU'ARCHÉTYPE, ELLE VIT EN CHAQUE FEMME (que celle-ci en soit consciente ou non).

Perséphone orne Demeter-Joseph Marie Vien

Le féminin divin: Les déesses-mères - "Déméter" - Mère et fille

Par Le 24/05/2020

 

ÉLÉMENTS D’ANALYSE DU MYTHE DE "DÉMÉTER" (mythologie grecque

 

À l’aube de l’humanité, a surgi une GRANDE ET MYSTÉRIEUSE DÉESSE-MÈRE dont les multiples avatars partagent les mêmes attributs: féconde, transformatrice, initiatrice, magicienne, ambivalente, sage, elle connaît le monde visible et invisible, règne sur la nature et ses cycles, la fertilité de la terre, des animaux et des hommes. 

Elle incarne la totalité de la vie: vie, mort et renaissance. Elle règne aussi dans le monde souterrain. 

Ambivalente, elle peut donner la vie ou la mort. Elle est souvent accompagnée du serpent - son aspect terrestre - et de l’oiseau - son aspect céleste. 

Son culte se perd dans la nuit des temps. On ne sait pas quand il a commencé, si ce n'est qu'il remonte à la préhistoire.

La GRANDE DÉESSE a dominé pendant des millénaires sous la forme de nombreuses divinités. Les êtres humains ont projeté sur elles leur vision de la nature et leur conception de la vie, particulièrement sur la figure de la mère.

Ces déesses-mères sont nées dans des sociétés où la conception de la femme et du féminin était radicalement différente de celle de nos sociétés patriarcales. De nombreux chercheurs sont actuellement en accord sur un point: la divinisation du féminin-maternel dans les sociétés anciennes est dûe en partie à l’ignorance des hommes concernant leur rôle dans la procréation. Pour eux, la femme donnait la vie, ce qui lui conférait une dimension sacrée et leur inspirait respect et vénération.

La DÉESSE-MÈRE DES ORIGINES est donc un puissant ARCHÉTYPE né dans l’inconscient collectif. Elle est le principe et l’essence du féminin et de la psychologie féminine.  

ET, EN TANT QU'ARCHÉTYPE, ELLE VIT EN CHAQUE FEMME (que celle-ci en soit consciente ou non).

Chatte Bastet Egypte

Destin de femme: Initiatrice et souveraine - "La princesse-chatte"

Par Le 19/05/2020

 

ÉLÉMENTS D’ANALYSE DE "LA PRINCESSE-CHATTE" (conte roumain)

 

La "Princesse chatte" est un conte si extraordinaire et complexe qu’il contient des éléments qu’on ne trouve nulle part ailleurs.

L’on y découvre le chemin initiatique du féminin blessé qui se réapproprie sa féminité et sa souveraineté, ainsi que la manière dont il se libère d’une situation catastrophique, à la fois intérieure et extérieure, et la réalisation de l’union entre l’homme et la femme, celle de l’unité entre deux royaumes problématiques. Enfin, un couple blessé et "handicapé" est libéré et sauvé.

Au début, deux royaumes différents et séparés se trouvent dans une situation qui ne mène nulle part. Is doivent se rencontrer et s’unir. 

Lorsqu’il y a deux royaumes dans un conte, cela signifie que quelque chose ne fonctionne pas dans le royaume principal. Une réunion de ces royaumes est donc nécessaire pour atteindre la complétude, car chacun compense un manque chez l’autre.

Sur le plan collectif, cette situation évoque une société divisée dont la conscience collective est dissociée. 

Depuis 2000 ans, l'Occident vit dans le mythe chrétien, fondé sur l’archétype du Christ. Mais au fil des siècles, ce royaume chrétien s’est morcelé et appauvri au détriment de la laïcité devenue notre principe dominant. En vertu de cette laïcité, et tout à fait paradoxalement, on accepte des mouvements spirituels sectaires qui manipulent et pervertissent la conscience.

D’une part, il existe des comportements qui dévalorisent et détruisent la femme (prostitution, pornographie, abus…), d’autre part, on rejette toute forme de spiritualité dans des domaines importants comme l’éducation. Cette situation ambivalente crée la confusion, la dissociation, le conflit, et la névrose collective.

Les deux royaumes de ce conte ont des problèmes complémentaires, mais c’est le féminin qui amorce l’action et se montre combattif et actif. Le féminin compense ainsi le patriarcat négatif en rétablissant un lien positif avec le masculin.

Femme dans nature-Camille Pissarro

Destin de femme: Le sacrifice de soi - "La femme aux mains coupées"

Par Le 14/05/2020

 

ÉLÉMENTS D’ANALYSE DE "LA FEMME AUX MAINS COUPÉES" (conte de Grimm)

 

Le conte de "La femme aux mains coupées" est le chemin de vie d’une femme dont l’enfance a été difficile et douloureuse. Cette femme doit se sacrifier pour éloigner la malédiction attirée sur elle par son père. Pour cela, elle accepte que son père lui coupe les mains. Puis, en effectuant un long parcours initiatique et spirituel, elle parvient enfin à guérir de sa blessure initiale et à accomplir sa destinée.  

Psychologiquement, ce sacrifice va s’avérer utile et positif: il va aider cette femme à affronter le complexe qui la possède, son masculin destructeur, et à se libérer de ses parents négatifs. 

Les concepts de Jung "animus" et "anima" représentent notre bisexualité psychique. 

L’animus représente la nature masculine de la femme et l’anima la nature féminine de l'homme. Il s'agit de deux archétypes qui demeurent souvent inconscients et influencent notre comportement sans que nous en ayons conscience, particulièrement notre comportement vis-à-vis du sexe opposé. 

Comme ils sont profondément enfouis en nous et influencés par l’histoire de l’humanité, ils relèvent d’abord de l’inconscient collectif. Si nous parvenons à les déceler en nous, ils nous permettent d’établir un lien enrichissant avec notre inconscient, en constituant une passerelle vers notre psyché profonde. 

Les aspects négatifs d’"animus" ou d’"anima" sont souvent dus à un problème issu des parents, du père ou de la mère.

Il en est ainsi dans ce conte, où le masculin/animus va agir contre l’héroïne une grande partie de sa vie.

Village tibétain-La broderie

Destin de femme: Créer son propre monde - "La broderie"

Par Le 09/05/2020

 

ÉLÉMENTS D'ANALYSE DE "LA BRODERIE" (conte tibétain)

 

Il était une femme si pauvre qu’elle n’avait pas même de chèvre ou de jardin potager. Elle était veuve et vivait avec ses 3 fils dans une petite maison de pierres, au bout d’un village bourbeux, gris et rude. Un sentier grimpait parmi les cailloux et l’herbe était rare vers les neiges éternelles. C’était là son paysage familier.

 

Village pauvre-La broderie

 

La question fondamentale posée par ce conte est: comment une femme peut-elle réaliser son rêve le plus profond, son aspiration la plus intense, et trouver sa place dans le monde?

Il traite donc de la créativité de la femme, celle qui lui permet de s’incarner dans la réalité. La femme créative réalise son propre univers en dépassant en elle le conflit entre monde intérieur et monde extérieur qui entrave souvent sa destinée. 

Dans ce conte, le processus créateur donne lieu à une transformation profonde de la femme, et une découverte de sa mission, de sa place, de son lieu. C’est en utilisant ses forces masculines qu’elle se réalise.

Ce conte n’a rien de spécifiquement tibétain, si ce n’est un élément en lien avec le cheval. Il ressemble aux contes occidentaux et a une structure initiatique classique, comprenant des épreuves et des figures surnaturelles.

Princesse et grenouille dans forêt

Destin de femme: Femme-guide - "Les 3 plumes"

Par Le 03/05/2020

 

ÉLÉMENTS D’ANALYSE DES "3 PLUMES" (conte de Grimm)

 

Il était une fois un roi qui avait trois fils: deux d’entre eux étaient vifs et intelligents, mais le dernier parlait peu, était simple d’esprit, et on ne l’appelait pas autrement que le "Nigaud". 

 

Le véritable héros de ce conte est le "nigaud": en réalité, il est un "anti-héros" qui n’accomplit pas d’actions héroïques ni ne combat, mais gagne de manière passive. C’est le féminin qui l’aide lors de chacune de ses épreuves, et c’est ainsi qu’il conquiert la princesse et le royaume. 

Même s’il paraît stupide, il n’est l’est pas vraiment: il est seulement spontané, naïf et simple. Il prend les choses telles qu’elles sont, acceptant la réalité.

Sur le plan psychologique, le héros est un symbole de renouvellement, de changement, un principe vital nécessaire pour le rétablissement d’une situation saine, non névrosée, équilibrée. Il montre la manière juste d’agir face aux épreuves et difficultés, ce qui donne sens à sa vie. 

Dans les contes, le "nigaud" réussit souvent là où les autres, plus "intelligents", échouent, car il fait ce qui doit être fait et s’adapte aux circonstances. Il se situe à l’opposé de ses frères, figés et rigides, qui n’ont pas la souplesse nécessaire pour agir à bon escient, à tel point qu’ils finissent par ne rien faire et par échouer. 

Sur le plan psychologique, ils résistent au changement, à la transformation. Et cette résistance provoque une névrose, un conflit intérieur aboutissant à une situation bloquée. 

Cela survient aussi sur le plan collectif, quand toute une société résiste à un changement important.

Vie dans igloo

Destin de femme: Noyée et sauvée - "La femme-squelette"

Par Le 27/04/2020

 

ÉLÉMENTS D’ANALYSE DE "LA FEMME-SQUELETTE" (conte inuit)

 

Il était une femme qui avait déplu à son père d’une manière ou d’une autre. Alors, son père l’avait traînée jusqu’à la falaise et précipitée dans la mer. Les poissons avaient mangé sa chair et ses yeux. Et elle gisait sous les eaux, son squelette ballotté par les courants. 

Un jour, arriva un pêcheur, entraîné loin de chez lui: il ignorait que les autres pêcheurs se tenaient à l’écart de cette crique, prétendant qu’elle était hantée.

Femme-araignée N/B

Destin de femme: Vouée à rester "dans la lune" - "La femme-araignée"

Par Le 21/04/2020

ÉLÉMENTS D’ANALYSE DE "LA FEMME-ARAIGNÉE" (conte eskimo)

 

Il était une fois un homme et une femme qui n’avaient qu’une fille et auraient vécu très heureux si celle-ci n’avait tant dédaigné les hommes. Son père désirait vivement qu’elle se marie, car elle était jolie, et il lui arrivait même d’inviter des jeunes gens le soir à la maison, mais rien n’y faisait: une simple allusion à ce sujet mettait sa fille de mauvaise humeur et elle s’en allait à la vue du moindre prétendant. 

Son père lui dit qu’il n’invitait pas ces hommes pour l’attrister ou la contrarier, mais qu’elle devait se rappeler qu’elle était leur unique enfant et que bientôt ils seraient vieux. Ces paroles attristèrent tant la jeune fille qu’elle s’en alla dans la vaste plaine ondulée. 

Soudain, une tête jaillit de terre, une tête sans corps, mais dont le visage était celui d’un très beau jeune homme. Il sourit à la jeune fille et lui dit: "Vous ne voulez pas de mari, mais je viens vous chercher et il faut que vous sachiez que je suis issu d’une grande et puissante race." 

Pour la première fois de sa vie, la jeune fille se sentit heureuse en la compagnie d’un homme. Elle ramassa la tête et, la dissimulant avec soin dans son manteau de fourrure, la ramena à la maison à la nuit tombée. Elle se glissa à la dérobée dans sa chambre, déposa la tête près de sa couche, s’étendit et parla gaiement avec l’étranger qu’elle aimait parce qu’il ne ressemblait pas aux autres hommes.

 

Rencontre avec "l'homme-tête" 

 

Visage d'homme-nature-Peinture

 

Ce conte eskimo est très ancien et par conséquent différent des contes occidentaux, dans la mesure où sa fin est négative. 

La question fondamentale qu'il pose est la suivante: pourquoi l'héroïne ne parvient-elle pas à réaliser son destin, à trouver de l'aide et l'attitude juste face à ses problèmes.

Il est fréquent dans les contes que l'héroïne ou son père ne veuille pas de l'époux proposé et pose des conditions difficiles que le futur époux finit par surmonter. Mais il est plus rare qu'elle rencontre un homme étrange, irréel, archétypique, avec lequel aucune relation n'est possible, et ce, jusqu'à cesser d'être une femme vivante. Dans ce conte, elle rencontre un homme différent des autres, qui l'attire: un  "homme-tête". 

Les "esprits-têtes" sont courants dans les tribus polaires. Ils vivent au fond de la mer ou sous la terre et résident donc dans l'inconscient. Les Arabes et certaines tribus africaines croient aussi en des esprits du désert qui se déplacent en roulant. Ils symbolisent les esprits des morts et sont appelés "crânes" ou "têtes".

Psychologiquement, cette jeune fille souffre d'une image masculine dévalorisée: c'est pourquoi elle épouse une "tête" et non un homme réel. 

Une femme qui épouse une "tête" est esseulée et ne parvient pas à créer de lien avec les autres. Elle vit exclusivement dans ses rêves et poursuit un dialogue avee sa pensée ou son intellect masculin. A tel point que sa pensée devient un élément spirituel ou intellectuel autonome en elle et l'entraîne hors de la réalité.

En d'autres termes, elle est possédée par un complexe masculin qu'elle ne peut plus maîtriser.

Néanmoins, un tel dialogue intérieur avec son masculin peut également s'avérer positif, mais uniquement s'il lui permet de progresser spirituellement, intellectuellement, et de devenir créatrice.

En fait, il n'est négatif que s'il devient obsessionnel et coupe la femme de la réalité. Dans ce cas, il est nécessaire qu'elle prenne conscience de ce pouvoir négatif en elle et comprenne que ses pensées ou rêveries sans cesse ressassées ne viennent pas d'elle, mais du masculin nocif en elle.