Le fils cadet, Losang, est le seul à avoir un nom dans le conte, ce qui le différencie des autres et montre son importance. Sur sa route, il découvre une maison où vit une vieille femme, qui pourrait être sorcière ou fée.
Elle représente une énergie féminine positive qui va l’aider.
Elle lui révèle la vérité sur la disparition de ses frères et de la broderie. Celle-ci a été volée par les fées de la "montagne ensoleillée", qui est le monde de l’au-delà, le monde surnaturel et irrationnel, le domaine inconscient. Ces fées ont tellement aimé la broderie de la femme qu’elles l’ont volée pour en faire une copie.
Sur le plan psychologique, cela correspond à une intervention de l’inconscient qui transmet un message important à la conscience.
Il est utile de préciser que l’inconscient n’est pas un réservoir plus ou moins glauque de contenus psychiques refoulés, négatifs et obscurs. C’est un réservoir quasi infini de contenus à la fois positifs et négatifs, personnels, transpersonnels et collectifs, allant de l’inconscient personnel à l’inconscient collectif de l’espèce humaine.
Par conséquent, les messages qu’il nous envoie, par le biais des rêves, des rêveries, des fantaisies, des phantasmes, des visions, voire des créations et révélations sont stricto sensu vrais, justes et objectifs.
Cette vieille femme révèle aussi à Losang que ses frères n’ont pas poursuivi leur voyage en raison de l’argent qu’ils ont reçu d’elle: la cupidité a été plus forte que la vie de leur mère.
Ils ne reparaîtront pas dans le conte car ils représentent des aspects masculins négatifs de la mère: celle-ci n’est pas matérialiste et arriviste, mais créatrice, une authentique artiste. Elle doit simplement prendre conscience de son pouvoir créateur, et apprendre à s’en servir pour transformer sa vie et son environnement.
La vieille femme du conte possède quelque chose d’étrange: un cheval en pierre, statufié, sans vie, qui ne peut plus se nourrir par manque de dents.
Le cheval a une symbolique riche et universelle: dans ce conte, il est statufié car il n’a plus de dents. Il ne peut donc plus se nourrir, nourrir son énergie vitale.
Perdre ses dents, c’est perdre son agressivité positive, perdre sa jeunesse et ses défenses. C’est aussi un symbole de frustration, de castration, d’impuissance car les dents représentent la force de mastication, la force virile, masculine, la confiance en soi. Ne dit-on pas "avoir les dents longues" pour exprimer l’énergie combattive?
Sur le plan psychologique, le cheval sans dents évoque l’état de la mère qui a perdu toute force vitale et est en train de dépérir.
Il est l’animal secourable fréquent dans les contes: la force instinctive positive qui doit être réveillée et mise au service de la conscience.