VOYAGE AU COEUR DE LA PSYCHE Connaissance de soi et du monde - Contes Mythes Rêves

Articles de kleiberpat

Matriarche

"La matriarche" - Fiction africaine

Par Le 07/03/2021

 

LA MATRIARCHE - FICTION AFRICAINE

 

Matriarche

 

La matriarche avance d’un pas indolent dans le bush, ouvrant la voie à la femme qui la suit.

La vieille éléphante est lourde et altière. On l’appelle "matriarche", parce qu’elle a beaucoup vécu et conduit de troupeaux à travers la région. Elle a survécu à tout: les famines, les sècheresses, le cruel manque d’eau. Pour les éléphants, l’eau est non seulement un besoin essentiel, mais une bénédiction. Le rituel du bain est irrésistible, pour leur survie et leur plaisir. Le plaisir du jeu, le plaisir de se rouler avec délectation dans la boue, de s’en gorger, s’en barbouiller de leur trompe, puis se replonger dans l’eau avec délice.

Roseau rouge

"La rosière et le menhir" - Fiction

Par Le 28/02/2021

 

LA ROSIÈRE ET LE MENHIR - FICTION

 

"Je me sens si fragile, je ne suis qu’un de ces frêles roseaux qui penchent la tête vers la rivière, dit-elle.

- Et moi, je suis dur et inflexible, une pierre érigée en cette terre depuis des siècles, répondit-il.

- Peut-être y a-t-il en moi tout de même  un peu de force?

- Et en moi un peu de douceur et d’abandon?

- Comment savoir? N’aimerais-tu pas, toi…

- Si, la coupa-t-il sèchement, j’aimerais parfois être roseau, flexible, souple, me livrant au vent et aux caprices de la nature, mais je ne sais pas ce que c’est.

- Tout comme j’ignore tout de la pierre dure qui jamais ne casse, jamais ne se brise, indéracinable…

- Toi aussi, tu l’es à ta manière, indéracinable! l’interrompit-il brusquement.

- Peut-être, répondit-elle vaguement, mais n’oublie pas que l’on a taillé tant de flûtes dans mes rameaux que j’ai l’impression d’avoir voyagé dans le vaste monde et qu’une parcelle de moi réside partout.

- Oui, maugréa-t-il maussade, alors qu’on n’a pas voulu de moi: je ne suis pas taillable! ont-ils prétendu.

Caméléon boudeur

"La caméléone" - Fiction

Par Le 20/02/2021

 

LA CAMÉLÉONE - FICTION

Il était une caméléone verte aux yeux globuleux rouges. Elle vivait toute seule et, comme ses semblables, avançait lentement, à un rythme régulier: un pas en avant, deux pas en arrière. Malgré sa lenteur, elle avait de la grâce et, sans le savoir, dansait. Ce qui ne l’empêchait pas de s’attrister.

La pauvre caméléone avait oublié combien elle était habile à endosser les couleurs de la nature, à s’y dissimuler grâce à sa merveilleuse faculté d’invisibilité. Elle avait oublié combien son corps, quoique ingrat en apparence, pouvait être agile, souple, plein de joliesse. Elle ne voyait plus qu’une chose: sa lenteur qui lui était devenue pesanteur, une infirmité misérable. A tel point qu’elle désespérait de pouvoir continuer de vivre ainsi.

Arbre-cerf dans forêt

"L'arbre-cerf" - Fiction

Par Le 14/02/2021

 

L’ARBRE-CERF - FICTION

Il était là depuis si longtemps qu’il ne se souvenait plus de la date de son arrivée.

"Une éternité! se dit-il. Je l’ai bien mérité, ce sanatorium, je n’ai pas été capable de faire attention, de prendre soin de moi et de mes poumons. Au fond, je me déteste..."

 

Montagne magique-Thomas Mann

Femme en blanc couche e au bord de rivie re

"L'initiatrice" - Fiction

Par Le 08/02/2021

 

L’INITIATRICE - FICTION

C’était un jardin regorgeant de plantes variées, d’arbres fruitiers et de fleurs. Au milieu, dans un bassin, évoluait un poisson. Il était l’unique poisson du bassin qu’il partageait avec des grenouilles, des crapauds, des têtards et mille libellules s’ébattant à sa surface. C’était un poisson hors du commun, de la taille d’un chat, aux écailles dorées, et sa tête et ses yeux recelaient parfois d’humaines expressions.

 

Femme au poisson-Christian Schloe

Rose blanche dans ciel

"L'homme occupé et la rose" - Fiction

Par Le 03/02/2021

 

L’HOMME OCCUPÉ ET LA ROSE - FICTION

Ceci est l’histoire d’un homme occupé.

Occupé par un travail acharné, des activités à n’en plus finir, une multitude de personnes qui le harcèlent et le sollicitent en permanence, membres de sa famille, collègues de travail, connaissances, amis.

Si occupé que la vie l’avait effleuré sans le toucher, sans le marquer, sans le transformer. Une épaisse carapace s’était formée autour de lui et parfois, elle était un peu douloureuse. Mais il n’en avait cure.

Le temps passait, filait et le dépassait à grande vitesse. Et lui aussi passait, filait et se laissait dépasser par le temps qu’il tentait en vain de rattraper.

On le voyait se précipiter d’un endroit à l’autre, d’une activité à l’autre, d’une personne à l’autre, et même lorsqu’il lui arrivait de se divertir, son meilleur ennemi, le temps, ne lui laissait aucun répit.