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Monde Imaginaire - Contes, Fictions et Rêveries
BLOG - MONDE IMAGINAIRE
CONTES, FICTIONS ET RÊVERIES DE PATRICIA KLEIBER
Écrire des contes et des récits symboliques, c'est non seulement laisser son imaginaire s'épanouir, mais c'est aussi tracer un chemin pour permettre au monde infini que nous portons en nous - l'inconscient - d'émerger. C'est ouvrir la porte qui le clôt, en franchir le seuil et établir un lien vrai et juste avec lui.
C'est donc entamer un voyage intérieur et faire oeuvre d'auto-guérison pour tenter de devenir soi-même.
(voir dans "l'agenda" les activités intégrant l'écriture).
BLOG - MONDE IMAGINAIRE
CONTES, FICTIONS ET RÊVERIES DE PATRICIA KLEIBER
Écrire des contes et des récits symboliques, c'est non seulement laisser son imaginaire s'épanouir, mais c'est aussi tracer un chemin pour permettre au monde infini que nous portons en nous - l'inconscient - d'émerger. C'est ouvrir la porte qui le clôt, en franchir le seuil et établir un lien vrai et juste avec lui.
C'est donc entamer un voyage intérieur et faire oeuvre d'auto-guérison pour tenter de devenir soi-même.
(voir dans "l'agenda" les activités intégrant l'écriture).
L'ombre, l'inconscient personnel de Jung - Dialogue IV
Par
kleiberpat
Le 19/10/2021
L'OMBRE, L'INCONSCIENT PERSONNEL DE CG JUNG

"L'ombre est cette personnalité cachée, refoulée, le plus souvent inférieure et chargée de culpabilité, dont les ramifications les plus extrêmes remontent jusqu'au règne de nos ancêtres animaux. (…) Prise au sens le plus profond, l’ombre est l’invisible queue du saurien que l’homme traîne encore derrière lui! (…) Si l'on admettait précédemment que l'ombre humaine était la source de tout mal, on peut maintenant, si l'on y regarde de plus près, découvrir que l'homme inconscient, précisément l'ombre, n'est pas uniquement composé de tendances moralement répréhensibles, mais qu'il comporte aussi un certain nombre de bonnes qualités, des instincts normaux, des réactions appropriées, des perceptions réalistes, des impulsions créatrices, etc." (CG Jung)
Arbre et symboles - Dialogue III
Par
kleiberpat
Le 25/09/2021
L'ARBRE ET SES SYMBOLES

"Pourquoi ne prenez-vous pas du temps pour aller dans la forêt? Quelquefois, un arbre vous dit davantage que ce que vous pouvez lire dans des livres." (CG Jung)
"Grise, cher ami, est toute théorie et vert l’arbre d’or de la vie." (Goethe)
L'inconscient collectif de Jung - Dialogue II
Par
kleiberpat
Le 13/08/2021
L'INCONSCIENT COLLECTIF DE JUNG

"La psychologie n’est pas uniquement un fait personnel. L’inconscient, qui possède ses propres lois et des mécanismes autonomes, exerce sur nous une influence importante, que l’on pourrait comparer à une perturbation cosmique. L’inconscient a le pouvoir de nous transporter ou de nous blesser de la même façon qu’une catastrophe cosmique ou météorologique." (CG Jung)
La vie, une route sans fin - Dialogue I
Par
kleiberpat
Le 17/07/2021
"Le roi, la puce et le fou" - Conte
Par
kleiberpat
Le 07/06/2021
LE ROI, LA PUCE ET LE FOU - CONTE
Il y avait en une contrée lointaine un royaume gouverné par un roi de main de fer.
Toutefois, il n’avait pas suivi la voie de son père, qui était d’une grande sagesse, et il manquait totalement de clairvoyance et de discernement. Il n’écoutait aucun des avis de ses conseillers, n’en faisait qu’à sa tête, et menaçait, par ses fantaisies coûteuses et excentriques, de mener à la ruine le royaume prospère dont il avait hérité.
La reine son épouse n’était pas sans souffrir de ses excès. Depuis de longues années, elle désirait un enfant qui ne voulait point naître, et ne cessait de s’en plaindre. Cela n’était pas sans influer sur le monarque atteint de démesure, qui dilapidait les deniers du royaume pour enrichir les innombrables guérisseurs, génies, fées bienfaisantes et autres traitements qui auraient la faculté de rendre la reine féconde.
Hélas, en dépit de cette débauche de moyens, la reine demeurait stérile. Et le couple royal s’en rendait mutuellement responsable.
Nul ne semblait pouvoir améliorer cette malfaisante situation qui affectait tout le royaume. Les terres s’asséchaient, les cultures se raréfiaient, les richesses s’amenuisaient et le peuple lui-même sombrait peu à peu dans une misère noire.
Par
kleiberpat
Le 30/05/2021
RÊVERIE AFRICAINE
Je dédie cette méditation à tous ceux qui ne rêvent pas, n’ont jamais rêvé, ou ont cessé définitivement de rêver à cause de "l’âge de raison", ainsi qu’il le prétendent, cette raison qui les a soi-disant rattrapés à un tournant de leur vie et leur a serré la gorge à jamais; ainsi qu’à ceux qui prétendent que les rêves sont des utopies qu’il ne faut surtout pas réaliser, et à ceux, les plus mal-aimés par la vie, qui ignorent que le rêve est réel.
Un jour que je racontais à l’un d’entre eux que les pistes de sable africaines étaient des ouvertures sur l’infini, il me regardait avec circonspection et méfiance. Enfoui dans son siège, il ne croyait pas un mot de ce que je lui disais. J’essayai de lui faire comprendre ce qu’était la piste blanche africaine, mais il me considérait d’un air de plus en plus dubitatif, comme un enfant qui n’a jamais contemplé le ciel.
Et pourtant, l’infini existe...
L’infini est partout, et surtout en Afrique. Cet infini, je l’ai rencontré.
C’était un soir, lors d’un de ces crépuscules africains inouïs et grandioses qui vous prennent de plein fouet, sans que vous vous y attendiez.
Je marchais sur une piste de sable blanche, entourée de part et d’autre d’une nature vierge et sauvage, dans un silence total.
"Violaine et Aldwali" - Conte de "belle et bête"
Par
kleiberpat
Le 23/05/2021
VIOLAINE ET ALDWALI - CONTE DE BELLE ET BÊTE
Il y avait au fond d’une vaste forêt une grotte découpée dans un rocher. Là résidait depuis fort longtemps un monstre - du moins c’est ainsi qu’on le désignait. Il se terrait le jour et sortait la nuit, lorsque la lune était noire. On lui avait donné le nom d’Aldwali, et l’on racontait qu’un sort lui avait été jeté par un méchant gnome appelé Croclit qui régnait sur la forêt. C’est la raison pour laquelle il ne pouvait voir la lumière du jour ni celle de la lune lorsqu’elle brillait, sous peine de mort.

Par
kleiberpat
Le 15/05/2021
LE LABYRINTHE - FICTION
Au dernier étage d’un immeuble ancien se trouvait un vaste grenier. Des cloisons aménagées y formaient d’étroites allées qui donnaient sur un réduit. Un lit, une petite table et deux chaises en constituaient le modeste mobilier.

"L'étoile de transit" - Rêverie astrale
Par
kleiberpat
Le 09/05/2021
L’ÉTOILE DE TRANSIT - RÊVERIE ASTRALE
Je suis sur le point de m’endormir. Mais une force irrésistible m’attire vers le haut jusqu’à ce que je quitte mon lit. Je heurte le plafond, puis je suis propulsée vers la fenêtre. Je l’ouvre et je sors. Dehors, il pleut et il fait froid.
Je m’élève au-dessus de mon immeuble: il est cocasse vu de haut, carré et petit comme une cage. Je monte encore: je vois défiler les environs, le château, la chapelle gothique, le bois. Je continue de monter et j’aperçois la grande ville minuscule avec ses mille lumières. Plus je m’éloigne, plus il fait sombre. La ville fuit à une vitesse vertigineuse. Quelques avions passent dans le ciel, j’entends leurs vrombissements étouffés.
J’aperçois encore tout en bas mon pays, sa forme hexagonale où alternent ombres et points lumineux, la botte du pays voisin, l’immense continent au sud. Puis la terre elle-même devient de plus en plus petite, boule incertaine dans l’opaque noirceur. Soudain, un choc violent me secoue: j’ai traversé l’atmosphère.
Mes perceptions sont différentes, je ne sens plus mon corps, c’est comme s’il flottait dans l’indéterminé. J’ai peur. Où est la lune? Je ne la vois pas, le soleil ne l’éclaire pas. C’est peut-être une nuit de nouvelle lune.
Affolée, je me tourne de tous côtés, puis je décide de contourner la terre. Enfin, le voici, l’astre d’argent froid et énigmatique, éclairé par le soleil bouillant. Attention! Il ne faut pas m’approcher de la sphère brûlante qui explose de toutes parts. Je me rappelle le sort funeste d’Icare.
Je m’éloigne de l’astre solaire qui m’a un peu réchauffée. Je peux apercevoir les planètes qui gravitent autour de lui. Vénus surtout, d’une blancheur orangée. Et Mars, bleu, froid comme le guerrier qu’il figure. Je vois aussi Mercure, le voyageur aux sandales ailées, Jupiter et sa corne d’abondance, Saturne, le maître impitoyable du temps, Neptune et Uranus, le plus excessif, enfin plus loin Pluton, le maître de la mort…
Par
kleiberpat
Le 03/05/2021
UNE NUIT OBSCURE - RÊVERIE (31 décembre 1999)
Cette nuit, je veux demeurer seule avec mes âmes-soeurs. Je veux mourir avec l’époque qui s’achève, mourir à tout ce qui fut et ne sera plus jamais, et naître à ce que je suis et n’ai pas encore découvert.
Cette nuit, j’aurais aimé rassembler toutes les âmes-soeurs qui ont jalonné ma vie, toutes ces âmes avec lesquelles j’ai partagé la parole, auxquelles je me suis confiée, dans la plénitude ou la douleur, tous ces regards bienveillants qui se sont posés sur moi, toutes ces oreilles attentives et ces mains tendues. Cette humanité rencontrée au coeur de mes détresses et mes doutes.

"Le sapin de Florio" - Conte de Noël
Par
kleiberpat
Le 26/04/2021
LE SAPIN DE FLORIO - CONTE DE NOËL
Il était une fois un petit garçon qui s’appelait Florio. Cadet d’une famille nombreuse, il avait trois frères et trois sœurs. Avec leurs parents, ils vivaient dans un village aux alentours d’une forêt profonde. Chaque fin d’année, lorsque le soleil disparaissait derrière les nuages, et que le jour ressemblait à la nuit, les habitants du village faisaient de grands frais pour célébrer Noël. Et s’égayaient avec gaieté dans l’attente de cette fête merveilleuse.

Par
kleiberpat
Le 20/04/2021
LE MIROIR MAGIQUE - CONTE
Une femme solitaire vivait au coeur d’une forêt. Sa maison se trouvait dans une clairière, entourée d’un jardin. Un miroir clôturait l’ensemble, de telle sorte que les promeneurs ne pouvaient rien voir: le miroir les réfléchissait et ils finissaient par s’en aller, ne voyant qu’eux-mêmes.

Par
kleiberpat
Le 12/04/2021
LE PÊCHEUR - FICTION
Lorsque Aldo se réveilla, le soleil venait de se lever. La ville était encore plongée dans le silence. Il se sentait épuisé. Il tenta de se rendormir. En vain. Résigné, il se leva et se rendit dans la salle de bain. Il se regarda dans le miroir. Aujourd’hui, il avait 40 ans.

Par
kleiberpat
Le 07/04/2021
ERRANCE - RÊVERIE
Il était une femme qui avait vécu mille choses. Bonnes et mauvaises, belles et laides, joyeuses et tristes. Toutes richesses lui avaient été données, puis toujours reprises. Elle ne comprenait pas cet implacable mouvement de sa vie, où il n’y avait rien à préserver. Et souvent, elle se retirait dans la solitude et l’obscurité.

Par
kleiberpat
Le 31/03/2021
BOUDDHA EN ENFER - FICTION
Après avoir rangé minutieusement sa chambre, Bouddha s’assit devant une petite table en bois, alluma sa pipe et se mit à tirer mollement sur elle, contemplant les gravures accrochées au mur. Elles se ressemblaient toutes et formaient de parfaits ensembles géométriques. Triangles, carrés ou losanges.
Soudain, Bouddha se leva et se dirigea vers une gravure qu’il venait d’apercevoir légèrement penchée. Il la remit en place. Lorsqu’il fit quelques pas en arrière pour voir le résultat, il remarqua qu’elle penchait à présent vers l’autre côté. Il s’approcha de nouveau et, délicatement, frôla la gravure, retenant son souffle.
Puis il retourna s’asseoir, bourra à nouveau sa pipe, l’alluma et sombra dans une douce rêverie. Dans sa chambre, chaque chose était à sa place. Rien ne dérangeait son ordre établi. Rien ne perturbait sa vie.
"Le soleil dans tous ses états" - Fantaisie astrale
Par
kleiberpat
Le 25/03/2021
LE SOLEIL DANS TOUS SES ÉTATS - FANTAISIE ASTRALE
Tout était sens dessus dessous dans le ciel: le soleil et la lune s’étaient terriblement querellés et avaient décidé de rompre l’heureuse régularité de leur rythme. Aussi le soleil apparaissait-il à n’importe quel moment du jour ou de la nuit, quand cela lui chantait, et surtout quand il lui était loisible de contrarier la lune.

"La bergère et l'oie sauvage" - Conte
Par
kleiberpat
Le 19/03/2021
LA BERGÈRE ET L’OIE SAUVAGE - CONTE
Il était une pauvre oie sauvage qui vivait dans un enclos, parmi d’autres oies, blanches celles-ci. Cet enclos faisait partie d’un domaine prospère aux alentours d’une demeure princière. Riche d’une herbe verte et nourrissante, il donnait sur un petit lac où les oies pouvaient s’ébattre et nager à leur guise.
La pauvre oie ressemblait en tous points à ses semblables, à l’exception d’un seul: elle avait été achetée et installée dans l’enclos car, murmurait-on, elle était trop vieille pour parcourir le long chemin migratoire des oies sauvages. Ainsi, à force de ne plus voler, elle était devenue très lourde. Ce qui rendait sa démarche grossière et gauche.
Malgré la grâce de son long cou blanc mêlé de gris tendre, on la voyait se dandiner avec maladresse sur l’herbe, et souvent, se laisser bousculer par les autres qui se gavaient des meilleurs carrés d’herbe. Elle reculait alors et s’éloignait tristement, clopin-clopant.
Personne n’aurait jamais prêté attention à cette oie misérable, si, un beau jour, une bergère ne l’avait aperçue et ne s’était prise de sympathie pour elle.
"La voie de l'arbre" - Fiction
Par
kleiberpat
Le 13/03/2021
Prologue
La voie de l’arbre est la voie naturelle: celle qui laisse agir la nature intérieure et extérieure, qui s’abandonne à sa loi, croît à son rythme, permet aux racines de l'arbre de vie de s’enfoncer et s’étendre dans la terre pour s'y nourrir, et aux branches de s’élever vers le ciel; celle qui accepte les aléas du temps et de la vie, et donne des fruits substantiels et nourrissants pour le corps et l’âme.
Le fruit le plus fécond de l’arbre de vie est la conscience qui, elle aussi, croît naturellement. Il suffit de se soumettre à son rythme personnel de maturation pour devenir humain, et se vivre soi-même dans sa totalité.

"La matriarche" - Fiction africaine
Par
kleiberpat
Le 07/03/2021
LA MATRIARCHE - FICTION AFRICAINE

La matriarche avance d’un pas indolent dans le bush, ouvrant la voie à la femme qui la suit.
La vieille éléphante est lourde et altière. On l’appelle "matriarche", parce qu’elle a beaucoup vécu et conduit de troupeaux à travers la région. Elle a survécu à tout: les famines, les sècheresses, le cruel manque d’eau. Pour les éléphants, l’eau est non seulement un besoin essentiel, mais une bénédiction. Le rituel du bain est irrésistible, pour leur survie et leur plaisir. Le plaisir du jeu, le plaisir de se rouler avec délectation dans la boue, de s’en gorger, s’en barbouiller de leur trompe, puis se replonger dans l’eau avec délice.
"La rosière et le menhir" - Fiction
Par
kleiberpat
Le 28/02/2021
LA ROSIÈRE ET LE MENHIR - FICTION
"Je me sens si fragile, je ne suis qu’un de ces frêles roseaux qui penchent la tête vers la rivière, dit-elle.
- Et moi, je suis dur et inflexible, une pierre érigée en cette terre depuis des siècles, répondit-il.
- Peut-être y a-t-il en moi tout de même un peu de force?
- Et en moi un peu de douceur et d’abandon?
- Comment savoir? N’aimerais-tu pas, toi…
- Si, la coupa-t-il sèchement, j’aimerais parfois être roseau, flexible, souple, me livrant au vent et aux caprices de la nature, mais je ne sais pas ce que c’est.
- Tout comme j’ignore tout de la pierre dure qui jamais ne casse, jamais ne se brise, indéracinable…
- Toi aussi, tu l’es à ta manière, indéracinable! l’interrompit-il brusquement.
- Peut-être, répondit-elle vaguement, mais n’oublie pas que l’on a taillé tant de flûtes dans mes rameaux que j’ai l’impression d’avoir voyagé dans le vaste monde et qu’une parcelle de moi réside partout.
- Oui, maugréa-t-il maussade, alors qu’on n’a pas voulu de moi: je ne suis pas taillable! ont-ils prétendu.
Par
kleiberpat
Le 20/02/2021
LA CAMÉLÉONE - FICTION
Il était une caméléone verte aux yeux globuleux rouges. Elle vivait toute seule et, comme ses semblables, avançait lentement, à un rythme régulier: un pas en avant, deux pas en arrière. Malgré sa lenteur, elle avait de la grâce et, sans le savoir, dansait. Ce qui ne l’empêchait pas de s’attrister.
La pauvre caméléone avait oublié combien elle était habile à endosser les couleurs de la nature, à s’y dissimuler grâce à sa merveilleuse faculté d’invisibilité. Elle avait oublié combien son corps, quoique ingrat en apparence, pouvait être agile, souple, plein de joliesse. Elle ne voyait plus qu’une chose: sa lenteur qui lui était devenue pesanteur, une infirmité misérable. A tel point qu’elle désespérait de pouvoir continuer de vivre ainsi.
Par
kleiberpat
Le 14/02/2021
L’ARBRE-CERF - FICTION
Il était là depuis si longtemps qu’il ne se souvenait plus de la date de son arrivée.
"Une éternité! se dit-il. Je l’ai bien mérité, ce sanatorium, je n’ai pas été capable de faire attention, de prendre soin de moi et de mes poumons. Au fond, je me déteste..."

Par
kleiberpat
Le 08/02/2021
L’INITIATRICE - FICTION
C’était un jardin regorgeant de plantes variées, d’arbres fruitiers et de fleurs. Au milieu, dans un bassin, évoluait un poisson. Il était l’unique poisson du bassin qu’il partageait avec des grenouilles, des crapauds, des têtards et mille libellules s’ébattant à sa surface. C’était un poisson hors du commun, de la taille d’un chat, aux écailles dorées, et sa tête et ses yeux recelaient parfois d’humaines expressions.

"L'homme occupé et la rose" - Fiction
Par
kleiberpat
Le 03/02/2021
L’HOMME OCCUPÉ ET LA ROSE - FICTION
Ceci est l’histoire d’un homme occupé.
Occupé par un travail acharné, des activités à n’en plus finir, une multitude de personnes qui le harcèlent et le sollicitent en permanence, membres de sa famille, collègues de travail, connaissances, amis.
Si occupé que la vie l’avait effleuré sans le toucher, sans le marquer, sans le transformer. Une épaisse carapace s’était formée autour de lui et parfois, elle était un peu douloureuse. Mais il n’en avait cure.
Le temps passait, filait et le dépassait à grande vitesse. Et lui aussi passait, filait et se laissait dépasser par le temps qu’il tentait en vain de rattraper.
On le voyait se précipiter d’un endroit à l’autre, d’une activité à l’autre, d’une personne à l’autre, et même lorsqu’il lui arrivait de se divertir, son meilleur ennemi, le temps, ne lui laissait aucun répit.
"Pandore et le papillon" - Conte
Par
kleiberpat
Le 29/01/2021
PANDORE ET LE PAPILLON - CONTE
Le papillon affolé battait des ailes en direction du point lumineux, s’en approchant en cercles concentriques de plus en plus étroits. Il savait pourtant que la lumière était un feu ardent qui pouvait le griller jusqu’à la mort. Mais tout en le sachant, il ne pouvait résister à la puissante attraction qu’exerçait sur lui cet éclat aveuglant.
"Arrête, n’y va pas, murmurait-on autour de lui, retourne dans l’ombre, tu es encore jeune, tu dois vivre! – Cessez d’implorer, répondait le papillon. La vie est si éphémère et cette lumière si éternelle."
Il déploya alors ses ailes, à la fois dorées, argentées, rayées de rouge et de bleu, et s’envola à une vitesse vertigineuse. Le centre brillant s’approchait de lui. Il le distinguait de plus en plus nettement, ne voyant plus que lui. Autour, le monde était plongé dans l’obscurité, car il n’y avait pas de lune cette nuit-là.
"Et pourtant, songea-t-il subitement, j’aimais ce monde dans la douce lueur du jour, alors que me voici dans la nuit noire. Mais cette lumière vive m’attire tant, elle est comme la promesse d’une perpétuelle jouissance. Je n’y peux rien, je vais mourir consumé..."
Il se précipita dans la flamme qui l’aspira en un éclair. Il se sentit désintégré par sa chaleur intense, ses ailes fondaient et son corps allait subir le même sort. Néanmoins, il continuait à se sentir vivant. Etait-ce un leurre, une impression, un mensonge de ses semblables pour l’empêcher de faire cette singulière expérience? Il éprouvait un profond bien-être, comme s’il était irradié par une bénéfique tiédeur printanière. "Comme c’est bon, pensa-t- il, est-ce cela, la mort?"

"Le prince dans sa tour d'ivoire" - Conte
Par
kleiberpat
Le 24/01/2021
LE PRINCE DANS SA TOUR D’IVOIRE - CONTE
Il était une fois une fée qui vivait dans le royaume des fées de l’air du temps, de la pluie, du vent, et de l’amour qu’elle portait à toutes les créatures du ciel et de la terre. C’était une fée bienfaisante, et elle avait été comblée de nombreux charmes et talents par le magicien son père, et père de toutes les fées de l’univers.

Pourtant, malgré les dons variés dont elle était dotée, il lui manquait quelque chose: elle ne connaissait pas le monde des humains et n’avait encore jamais rencontré ce que l’on appelle dans le langage humain un homme. Or, cela était contraire à la destinée des fées qui, comme chacun sait, doivent remplir des missions auprès des humains et leur apporter aide et réconfort. Notre fée ne s’en plaignait pas; elle était bien trop éprise de solitude et de liberté, aimant à vagabonder dans le ciel - elle avait le pouvoir de se métamorphoser en oiseau d’un coup de baguette et de voler librement dans les airs - et sur la terre, à parler aux arbres et aux bêtes de la forêt qu’elle affectionnait particulièrement. Et elle se sentait si comblée qu’elle n’avait nulle envie de quitter ce royaume enchanteur où chaque instant lui réservait de nouveaux délices et des grâces infinies.
Un jour cependant, alors qu’elle volait dans le ciel, un violent orage éclata et de puissantes rafales de vent l’éloignèrent de son royaume. Elle en fut si effrayée qu’elle craignit de perdre ses ailes et de mourir. Alors qu’elle se débattait au milieu d’éclairs menaçants, implorant en vain le magicien de la sauver, elle aperçut devant elle une drôle de tour très haute, tout en ivoire - elle n’avait encore jamais vu de tour d’ivoire - surplombée d’une terrasse où elle put atterrir sans trop de dommages.
