quête de soi
La vie, une route sans fin - Dialogue I
Par
kleiberpat
Le 17/07/2021
"Rêverie africaine"
Par
kleiberpat
Le 30/05/2021
RÊVERIE AFRICAINE
Je dédie cette méditation à tous ceux qui ne rêvent pas, n’ont jamais rêvé, ou ont cessé définitivement de rêver à cause de "l’âge de raison", ainsi qu’il le prétendent, cette raison qui les a soi-disant rattrapés à un tournant de leur vie et leur a serré la gorge à jamais; ainsi qu’à ceux qui prétendent que les rêves sont des utopies qu’il ne faut surtout pas réaliser, et à ceux, les plus mal-aimés par la vie, qui ignorent que le rêve est réel.
Un jour que je racontais à l’un d’entre eux que les pistes de sable africaines étaient des ouvertures sur l’infini, il me regardait avec circonspection et méfiance. Enfoui dans son siège, il ne croyait pas un mot de ce que je lui disais. J’essayai de lui faire comprendre ce qu’était la piste blanche africaine, mais il me considérait d’un air de plus en plus dubitatif, comme un enfant qui n’a jamais contemplé le ciel.
Et pourtant, l’infini existe...
L’infini est partout, et surtout en Afrique. Cet infini, je l’ai rencontré.
C’était un soir, lors d’un de ces crépuscules africains inouïs et grandioses qui vous prennent de plein fouet, sans que vous vous y attendiez.
Je marchais sur une piste de sable blanche, entourée de part et d’autre d’une nature vierge et sauvage, dans un silence total.
"Le labyrinthe" - Fiction
Par
kleiberpat
Le 15/05/2021
LE LABYRINTHE - FICTION
Au dernier étage d’un immeuble ancien se trouvait un vaste grenier. Des cloisons aménagées y formaient d’étroites allées qui donnaient sur un réduit. Un lit, une petite table et deux chaises en constituaient le modeste mobilier.

"Le miroir magique" - Conte
Par
kleiberpat
Le 20/04/2021
LE MIROIR MAGIQUE - CONTE
Une femme solitaire vivait au coeur d’une forêt. Sa maison se trouvait dans une clairière, entourée d’un jardin. Un miroir clôturait l’ensemble, de telle sorte que les promeneurs ne pouvaient rien voir: le miroir les réfléchissait et ils finissaient par s’en aller, ne voyant qu’eux-mêmes.

"Le pêcheur" - Fiction
Par
kleiberpat
Le 12/04/2021
LE PÊCHEUR - FICTION
Lorsque Aldo se réveilla, le soleil venait de se lever. La ville était encore plongée dans le silence. Il se sentait épuisé. Il tenta de se rendormir. En vain. Résigné, il se leva et se rendit dans la salle de bain. Il se regarda dans le miroir. Aujourd’hui, il avait 40 ans.

"Errance" - Rêverie
Par
kleiberpat
Le 07/04/2021
ERRANCE - RÊVERIE
Il était une femme qui avait vécu mille choses. Bonnes et mauvaises, belles et laides, joyeuses et tristes. Toutes richesses lui avaient été données, puis toujours reprises. Elle ne comprenait pas cet implacable mouvement de sa vie, où il n’y avait rien à préserver. Et souvent, elle se retirait dans la solitude et l’obscurité.

"La bergère et l'oie sauvage" - Conte
Par
kleiberpat
Le 19/03/2021
LA BERGÈRE ET L’OIE SAUVAGE - CONTE
Il était une pauvre oie sauvage qui vivait dans un enclos, parmi d’autres oies, blanches celles-ci. Cet enclos faisait partie d’un domaine prospère aux alentours d’une demeure princière. Riche d’une herbe verte et nourrissante, il donnait sur un petit lac où les oies pouvaient s’ébattre et nager à leur guise.
La pauvre oie ressemblait en tous points à ses semblables, à l’exception d’un seul: elle avait été achetée et installée dans l’enclos car, murmurait-on, elle était trop vieille pour parcourir le long chemin migratoire des oies sauvages. Ainsi, à force de ne plus voler, elle était devenue très lourde. Ce qui rendait sa démarche grossière et gauche.
Malgré la grâce de son long cou blanc mêlé de gris tendre, on la voyait se dandiner avec maladresse sur l’herbe, et souvent, se laisser bousculer par les autres qui se gavaient des meilleurs carrés d’herbe. Elle reculait alors et s’éloignait tristement, clopin-clopant.
Personne n’aurait jamais prêté attention à cette oie misérable, si, un beau jour, une bergère ne l’avait aperçue et ne s’était prise de sympathie pour elle.
"La rosière et le menhir" - Fiction
Par
kleiberpat
Le 28/02/2021
LA ROSIÈRE ET LE MENHIR - FICTION
"Je me sens si fragile, je ne suis qu’un de ces frêles roseaux qui penchent la tête vers la rivière, dit-elle.
- Et moi, je suis dur et inflexible, une pierre érigée en cette terre depuis des siècles, répondit-il.
- Peut-être y a-t-il en moi tout de même un peu de force?
- Et en moi un peu de douceur et d’abandon?
- Comment savoir? N’aimerais-tu pas, toi…
- Si, la coupa-t-il sèchement, j’aimerais parfois être roseau, flexible, souple, me livrant au vent et aux caprices de la nature, mais je ne sais pas ce que c’est.
- Tout comme j’ignore tout de la pierre dure qui jamais ne casse, jamais ne se brise, indéracinable…
- Toi aussi, tu l’es à ta manière, indéracinable! l’interrompit-il brusquement.
- Peut-être, répondit-elle vaguement, mais n’oublie pas que l’on a taillé tant de flûtes dans mes rameaux que j’ai l’impression d’avoir voyagé dans le vaste monde et qu’une parcelle de moi réside partout.
- Oui, maugréa-t-il maussade, alors qu’on n’a pas voulu de moi: je ne suis pas taillable! ont-ils prétendu.
"La caméléone" - Fiction
Par
kleiberpat
Le 20/02/2021
LA CAMÉLÉONE - FICTION
Il était une caméléone verte aux yeux globuleux rouges. Elle vivait toute seule et, comme ses semblables, avançait lentement, à un rythme régulier: un pas en avant, deux pas en arrière. Malgré sa lenteur, elle avait de la grâce et, sans le savoir, dansait. Ce qui ne l’empêchait pas de s’attrister.
La pauvre caméléone avait oublié combien elle était habile à endosser les couleurs de la nature, à s’y dissimuler grâce à sa merveilleuse faculté d’invisibilité. Elle avait oublié combien son corps, quoique ingrat en apparence, pouvait être agile, souple, plein de joliesse. Elle ne voyait plus qu’une chose: sa lenteur qui lui était devenue pesanteur, une infirmité misérable. A tel point qu’elle désespérait de pouvoir continuer de vivre ainsi.
"L'arbre-cerf" - Fiction
Par
kleiberpat
Le 14/02/2021
L’ARBRE-CERF - FICTION
Il était là depuis si longtemps qu’il ne se souvenait plus de la date de son arrivée.
"Une éternité! se dit-il. Je l’ai bien mérité, ce sanatorium, je n’ai pas été capable de faire attention, de prendre soin de moi et de mes poumons. Au fond, je me déteste..."

